samedi 29 janvier 2011

Le rêve de la maison triste entourée de piscines


Nous sommes au Japon. Ma famille habite une grande maison bâtie à flanc de coteau. Une maison crépie, triste, dans le style pavillon de banlieue. D’autres familles habitent avec nous. Chaque famille dispose d’une petite piscine sur le pourtour de la maison. La nôtre est située en haut, c’est la plus grande. Les bassins ont la pâleur de l’eau sans chlore. Je veux me baigner nu, mais je dois attendre le soir grisâtre, qu’il n’y ait personne. Pour accéder à la piscine il me faut passer avec beaucoup d’efforts par une petite fenêtre dont l’alcôve est encombrée d’objets oubliés là. Mon père s’est mis dans la tête de devenir boulanger. Je suis effaré, il n’a aucune compétence dans le métier. Il a installé son four dans la cave mal éclairée, sans toucher à l’installation électrique archaïque, couleur vert-de-gris, qui court sur les murs depuis un boîtier massif comme les veines sur les muscles d’un sportif d’endurance, marathonien ou cycliste, qui tendrait tout son corps sec vers un ultime effort. Ses apprentis japonais s’agitent torse nu, la lumière et l’obscurité divisent leur peau à la manière d’un camouflage.