lundi 6 décembre 2010

Le rêve de l’ancêtre parti en Egypte


Mon grand-père a eu un frère qui a immigré en Egypte dans les années 20, j’ignorais son existence. Un secret familial de plus. Il était en rupture avec la famille et je revis la décision de son départ, alors qu’il assiste à une procession dans une rue en pente de la ville voisine ; des immigrés russes en robe de bure élimée la précèdent en distribuant des bonbons à des enfants qui se pressent au bord de fenêtres étroites, sans doute celles d’un pensionnat ou d’un orphelinat. Je vois ensuite un diaporama de photos prises de ce frère alors qu’il s’était engagé dans l’armée égyptienne. Il a d’abord l’air tout à fait français, avec d’élégantes moustaches, puis il prend du poids et s’orientalise ; sa peau brunit, sa barbe le fait ressembler à un croisement entre un pacha et un gourou indien. Une recherche sur internet m’apprend que son fils est cinéaste et vit au Caire. Comme je suis moi-même en conflit avec la famille, je vais lui rendre visite, peut-être pourra-t-il me donner des conseils. Je me téléporte dans son appartement. Il fait nuit. Il n’y a personne. La télé diffuse un de ses films : une guerre civile hypothétique, où dans le désert ocre, les Frères musulmans massacrent les populations des villages chrétiens ou pratiquant un islam traditionnel. Le personnage principal du film, un résistant, rencontre une femme armée d’une kalachnikov, vêtue d’une sorte de burqa noire qui laisse le visage visible. Elle porte le deuil. Ensemble, ils aident un village à se défendre. Le village occupe une colline. Une imposante église copte à l’abandon trône à son sommet. Les villageois se regroupent autour d’elle, après avoir bloqué les rues y menant par des cordes imposantes tressées avec de la soie et des cheveux. Je rentre chez mes parents, à mon nouvel appartement au-dessus de la cave. Je me dispute violemment avec mon père. Ma mère m’apporte des télévisions, des vieux modèles cathodiques, mais à chaque fois, quand elle repart, je casse le poste dans un accès de rage.