
Londres, en noir et blanc, les années 60. Personne dans les rues. Je suis plongé dans une série à mi-chemin entre Le Prisonnier et Chapeaux Melon et Bottes de Cuir/The Avengers. Ce n’est pas comme si je regardais les épisodes à la télé, je la vis. L’Europe a sombré dans le totalitarisme. Il n’y a pas de caméras, pas de propagande ou de patrouilles. Il existe une police secrète, qui ressemble à un club ésotérique, une sorte de franc-maçonnerie noire. On ne cherche pas à s’échapper ou à lutter, du moins avec conviction. L’oppression est entièrement intérieure. Il s’agit de l’amputation d’une partie de l’âme, le tiraillement d’un idéal inaccessible, la mélancolie d’un jardin d’éden bétonné. Il n’y a plus ni vie ni mort. Ni jour ni nuit. Les relations entre les personnes n’ont rien de spontané, elles forment les motifs d’un tissu d’intrigues. J’ai le souvenir d’une femme très belle dans un appartement luxueux au design de ces années-là, et d’une errance angoissée dans les docks laissés à l’abandon, suivi à distance par des agents. C’est un monde en sursis. Demain ou après-demain, bientôt, des bombes atomiques balaieront les immeubles dans un flash de lumière insoutenable. Tout le rêve, je suis frappé par la beauté du noir et blanc. Je me réveille puant, trempé de sueur.
vendredi 26 novembre 2010
Le rêve de Londres en noir et blanc
Publié par
Yul
à l'adresse
05:04
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