vendredi 23 avril 2010

Le rêve des cerises de la taille d’une pastèque


Je suis chez mes parents. Mon père regarde la télé dans le salon, enfoncé dans le canapé noir en cuir. Il répond à ma question muette en disant qu’il compte ne pas dormir de plusieurs jours, et que la télé le tiendra éveillé. Je lui fais remarquer qu’à son âge il lui faudra des semaines pour s’en remettre. Je regarde la télé avec lui. Un reportage sur les catacombes de Paris. Dans les anciennes carrières les ouvriers ont sculpté des statues de la vierge Marie. Certaines émergent à peine de la paroi, d’autres sont dans des niches ou complètement indépendantes ; elles forment des grappes et sont de toutes les tailles. Les journalistes ont allumé dans une salle un grand feu de bois. Puis sur une autre chaîne une résistante raconte comment un soldat allemand s’est rendu à elle en 44. Elle emploie l’expression anglaise « mutual agreement ». Mon père se lève. On sort et on emprunte la route qui mène aux cerisiers. Les cerises sont énormes, elles font la taille de pastèques. Pourtant les fines branches ne ploient pas. Je suis déçu car elles sont gâtées : les oiseaux -sans doute des oiseaux aussi gigantesques que les fruits- les ont attaquées, creusant de larges balafres.