
C’est la guerre en Egypte. Au Caire, une section des casques bleus est logée dans une ancienne école qui est aussi une infirmerie. Les vitres ont été brisées par une explosion. Les sacs contenant les affaires des soldats sont empilés dans une petite pièce qui sert de vestiaire. Une jeune femme d’origine libanaise, qui fait partie des soldats, discute avec un compatriote médecin. Ce dernier est brillant, et généralement plein d’humour, mais là il parle gravement de la corruption qu’apporte la bureaucratie. Ils fument les dernières cigarettes. Il faut aller en chercher. La jeune femme connaît une épicerie copte pas loin. Pour y aller, à cause des mines, il faut avancer en sautant sur les grandes pierres qui bordent la route défoncée. Il n’y a plus d’asphalte, la terre est ocre et ravinée, on dirait un oued. Deux femmes en burqa marchent sur une mine et meurent dans l’explosion. L’épicier est un homme âgé et sec, qui porte une chapka. Sa boutique est chichement éclairée par une ampoule autour de laquelle volent des mouches.
jeudi 29 avril 2010
Le rêve de la route minée
Publié par
Yul
à l'adresse
23:05
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