
Je me promène sur un grand bateau à voile du XIXème siècle, un clipper. Sa coque est noire. Il est anglais. Il navigue au large de la Terre de Feu, par un hiver glacial. Je porte un costume d’époque. Les passagers trompent l’ennui par des intrigues amoureuses. Je sais que le bateau va faire naufrage. Je viens du futur. Je ne suis pas seul : d’autres voyageurs du temps sont venus avec moi. Le soir qui précède le naufrage, le capitaine convie à sa table tous les passagers. Le capitaine est un homme âgé quoique corpulent, qui porte une courte barbe blanche. Certains voyageurs n’hésitent pas à sortir leurs appareils photos numériques ou leurs téléphones portables, ce qui m’agace : on n’est pas censés se livrer à des anachronismes. Finalement, lorsque nous partons, le capitaine nous accompagne, échappant ainsi à la catastrophe. On réapparaît dans une ville de science-fiction telle qu’on aurait pu l’imaginer dans les années cinquante ou soixante du vingtième siècle : beaucoup d’espaces verts, des perspectives épurées, d’où s’échappent des immeubles blancs à la géométrie complexe, parfois organique. L’esprit de la cité des Arts et des Sciences de Valence, en Espagne. Le capitaine a à peine le temps de s’interroger sur ce qui vient de lui arriver que l’on est bombardé par des engins volants. Je vois les bombes tomber comme des graines, puis s’épanouir en fleurs de feu. Blasts assourdissants. On court. A bout de souffle, on se cache dans les ruines. Les engins déposent des robots pour finir le travail. J’ai une certitude : ils veulent le capitaine. Les robots ont une forme de chaussure et ressemblent aux Daleks de la série Dr Who. Ils ne nous retrouvent pas.
dimanche 28 mars 2010
Le rêve du bateau noir et de la cité blanche
Publié par
Yul
à l'adresse
05:20
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