samedi 28 février 2009

Vide

Ma vie est un fardeau composé de vide.

Le rêve du film policier


Je rentre dans un appartement parisien vide, de nuit. Il a servi de lieu de tournage dans les années 70. Il n’a pas été vendu depuis. Il constitue, en fait, une sorte de musée. Une vieille télé diffuse en boucle des extraits du film et des interviews des acteurs. Jean Gabin figure au casting, ainsi que Maria Pacôme. Il s’agissait d’un film noir. Un magnat de la finance se jetait dans le vide depuis le balcon de l’appartement. J’éteins la télé. Je prends un taxi.

lundi 23 février 2009

Air

A chaque fois que j'écoute la BO de Virgin Suicides, c'est pareil: grosse plongée dans la déprime. Je contemple mes blocages, l'échec de ma vie. C'est du mélo et ça fonctionne à fond. Plus ça va, plus ce que je peins est sombre. Je me suis mis à Warhammer online. A une époque, j'aurais craqué sur un gobelin, sorte de Yoda opportuniste aux dents pointues. Aujourd'hui je préfère jouer un Maraudeur, berserker mutant à la musculature sur-développée. Déchirer mes ennemis à coup de hache, dans une sorte d'abandon à la violence sanglante, voilà ce qui m'apaise. Des crânes pour le dieu du meurtre.

samedi 21 février 2009

Le rêve de la sorcière espagnole


Trois sorcières se transforment en corneilles. Elles absorbent la lumière comme des morceaux de fuligine, comme si on avait déchiré le ciel. Elles survolent un paysage d’inondation, seuls dépassent les sommets des arbres et les toits des maisons. Je retrouve l’une des sorcières, brièvement, à Séville au XVIIème siècle. Puis de nos jours. C’est une femme qui affiche une cinquantaine d’années, vêtue d’une robe noire. Elle visite de nuit un cimetière en compagnie de son mari, un garagiste, et d’une troupe de jeunes gens goths. Elle parle l’égro, la langue secrète des sorcières, qui sert pour les rituels les plus obscurs. Sans transition, le rêve devient un film de série B tourné dans les années 70 en Castille. Un garage concurrent a lancé un défi au garagiste : remporter une course illégale de voitures gonflées. La sorcière se prélasse sur une chaise longue, protégée du soleil implacable par l’auvent de la station service. Son mari bricole une Mustang, tandis que le pilote, un beau gosse moustachu, passe le temps en buvant des bières en compagnie de bimbos. Le film se termine le grand soir, de manière très décevante, juste avant que la course ne débute.

mercredi 18 février 2009

L'emploi du temps / Slumblog


Je vous invite à découvrir le blog de l'écrivain Laurent Herrou et du photographe Jean-Pierre Paringaux, ne serait-ce que pour cette photo. Par ailleurs, je publie également mes rêves sur Slumblog, en compagnie d'autres rêveurs aux nuits troublées.

Le rêve de l'hypermarché



Un hypermarché, en Guinée. Il fait nuit, il vient de fermer. Je m’y promène avec des amis. Tout à coup, éclate une fusillade. Des bandes ont fracturé les portes. Afin de protéger mes amis, je rejoins la bande la plus puissante. Elle pratique le vaudou. On m’initie dans une cave enfumée, éclairée aux flambeaux, dans la promiscuité des corps en transe. On me rase le crâne. Je prends un rouleau à pâtisserie parsemé de clous, que je me passe sur la tête. Dans chacune des plaies on insère une petite perle, de manière à former une résille ensanglantée.

dimanche 15 février 2009

Le rêve du commissaire Maigret


Le commissaire Maigret a disparu. Plus exactement, ses incarnations au cinéma et à la télé – Jean Gabin, Jean Richard, Bruno Crémer. Il reste le personnage littéraire, tel qu’on l’imagine en lisant les romans de Simenon, et que j’accompagne dans son enquête. On commence par la petite maison qu’occupaient toutes les incarnations à la manière d’une famille. On trouve une sacoche qui aurait dû contenir l’agenda du commissaire, mais ne contient plus qu’une plaque en laiton, une sorte de fétiche ou de porte-bonheur, peut-être une ancienne plaque d’identification de chien. La maison fouillée, on décide de se rendre chez une dame qui prétend être l’égérie du commissaire. C’est une châtelaine de forte corpulence, entre deux âges, qui nous accueille avec exubérance. Les statues qui ornent les fontaines du parc ont toutes la particularité de représenter le loup des dessins animés de Tex Avery. Les promeneurs qui déambulent au pied du château portent des costumes de ce loup, à ce détail près que la fourrure des costumes est verte. C’est le moment que choisit mon chat pour me réveiller…

samedi 14 février 2009

Bang

Dans un mail à un ami, j'ai écrit ces quelques lignes, qui je pense, définissent bien dans quel état je me trouve:

En ce moment, j'ai l'impression d'être un personnage du Maître du Haut-Château. Si je le pouvais, je me baladerais partout avec trois pièces trouées et un bouquin sur le Yi-King. C'est-à-dire que je navigue de prophéties chinoises subtiles en prophéties chinoises énigmatiques. Je sens le potentiel, cette odeur d'ozone qui précède l'orage, une sorte d'état métastable, et pourtant, tout ce qui sort du flingue, c'est un petit drapeau avec marqué "bang" dessus.

Pardon André.

mardi 10 février 2009

Le rêve de la dune


Je suis au sommet d’une dune couverte de broussaille, face à la mer. C’est le matin, je me réveille. A quelques mètres de moi, en contrebas, se trouve l’épave d’un tank qui a déchenillé. Dans mes affaires il y a un manga jauni. Les bulles sont en anglais, puis intègrent progressivement des caractères japonais. Une sorte de manuel destiné aux étrangers. Il décrit les aventures d’une jeune anglaise, du nom de Lee Hoo, dans un Japon uchronique, en guerre contre l’Union Soviétique.

lundi 9 février 2009

Brrrrrrrr

Je rêve d'une école de sorciers à la Harry Potter. Soudainement, sans continuité avec le reste du rêve, je visite une crypte habitée par une gigantesque araignée velue, aux crocs dégoulinants de venin... Je me réveille horrifié, pour découvrir à quelques centimètres de mon visage une araignée de belle taille, poursuivant tranquillement son chemin.

samedi 7 février 2009

Le rêve du palais de Tibère


Je me promène avec un ami dans un quartier de villas, situé sur les hauteurs de Capri, non loin de la mer. La plupart des maisons intègrent des ruines antiques, lisibles dans les murs ou exposées dans les jardins. Je dis à mon ami que se trouvait là le nid d’aigle de l’empereur Tibère. Le ciel a une teinte délavée, comme sur une vieille photo. Nous sommes baignés par la lumière d’un chaud soleil d’été. Je cours, foulant les herbes hautes d’un terrain vague. Je glisse dans un nouveau rêve, où j’assiste à l’engloutissement de l’Atlantide grâce à l’interface d’un jeu vidéo ; je suis entouré par les dieux de l’Olympe, qui banquettent sur des couches, de l’encens brûle dans les cratères et on verse de l’ambroisie. Enfin je retrouve l’ami du premier rêve. Nous sommes devenus experts en puits. Une vieille dame, qui occupe un château gothique, souhaiterait faire creuser un puits artésien. En entrant dans la cour, je suis stupéfait d’y rencontrer les vitraux multicolores d’une façade Art Nouveau.

dimanche 1 février 2009

Le rêve de l'épouse au cou tordu


Quelque part en Asie centrale, je suis invité par un vieux paysan à manger chez lui. Il vient juste d’être marié à une jeune femme. Je suis frappé par la manière dont la tête de son épouse se tient : le cou semble plié à 90°, son oreille droite touche son épaule du même côté. Le vieux paysan, très gêné, me demande conseil, car sa femme n’a pas voulu de ce mariage et le manifeste en peignant des aquarelles infiniment mélancoliques. Je lui réponds par un cours sur les circuits électriques, que j’appuie par des schémas tracés dans la poussière devant sa maison.