dimanche 28 septembre 2008

Le rêve du livre en relief


Dans une maison massive, entre le bunker et la folie de science-fiction rétro, je suis environné d'une famille imaginaire. On est tous là, autour d’une table, à utiliser à tour de rôle un livre étrange. Les premières pages du livre sont un répertoire de signes en relief. Il suffit d’appuyer le bout de l’index ou du pouce sur l’un des signes pour que la peau en conserve la forme en creux. Ensuite, on appuie à nouveau sur l’une des cases d’une page vierge pour que réapparaisse le signe, en relief, bleu et luminescent. Le papier est assez épais, il peluche, et entre chaque page il y a une fine feuille phosphorescente. Au fur et à mesure que le livre tourne entre nous il se couvre d’un texte cryptique. Un texte dont nous connaissons la signification réelle : il s’agit de nos rêves. Ce n’est pas tant un livre qu’une console de commande : au-delà d’une grande véranda, un monde de fantasmes se construit selon nos instructions. L’un de nous décide de s’enfuir là-bas. On n’a pas d’autre choix que de le poursuivre. Le monde imaginaire nous transforme instantanément : il nous habille de fringues des années 60 comme si nous sortions du dessin animé Scoubidou, puis nous dote de super-pouvoirs. A un moment donné la situation s’inverse, car c’est moi que l’on retrouve. Je tiens le livre serré contre moi. Comme je refuse de bouger, on me met dans un cercueil au couvercle transparent, puis on me charge à l’arrière d’un fourgon de pompes funèbres.