samedi 19 juillet 2008

O Canada


Pas de rêves depuis quelque temps. Pas que je ne rêve pas : les cauchemars persistent à suinter par l’entrebâillement des Portails d’Hypnos avec cette régularité qui n’est pas leur trait le plus angoissant (étant par eux-mêmes, des concrétions d’angoisse, un peu comme des météorites encore fumantes, que l’on retrouverait au petit matin au bout d’un long sillon de terre déchirée). Juste, ils sont trop chauds, trop coupants, pour que je les manipule sereinement. Ou trop bêtes. Ou les deux. Plutôt s’abstenir que de décevoir mon faible lectorat. Il y a quelques heures, j’ai rêvé d’un manga dessiné psychiquement par des souris qui habitent une maison abandonnée. Le manga raconte les aventures dans l’espace d’une poignée d’ossements ; ces mêmes ossements, recouverts de toiles d’araignée alourdies de poussière brune, que les souris viennent contempler chaque jour dans une des anciennes chambres. Puis le rêve garde le thème du manga, mais avec des vampires. Et j’en perds le fil. Au réveil, à l’heure où les bars ferment pour confier leurs clients aux boîtes de nuit (j’ai parfois des horaires de sommeil très particuliers), je suis sorti dans la ville. Il me fallait marcher. Ma vie ne ressemble à rien. Ce n’est pas une vie. Je revis mon adolescence, en plus moisi, sans les folles échappées et les bringues en roue libre. Il est temps de couper le cordon ombilical, ce filament tenace.