Dans le rêve, au milieu des paysages désolés du nord de la Grèce, se trouvent les restes monumentaux de la bibliothèque d’Aristote. Le bâtiment a survécu jusqu’à nos jours car les Ottomans ont élevé par-dessus une de leurs forteresses, enterrant les anciens manuscrits entreposés par les Byzantins. C’est aujourd’hui le lieu de fouilles intensives. Je m’y rends avec un groupe de journalistes. Après la visite, on me propose pour quelques drachmes de sponsoriser une excavation. Je choisis l’endroit, n’importe où dans le labyrinthe de couloirs, et des ouvriers ôtent le dallage, creusent, et si j’ai de la chance, extraient des livres de valeur, peut-être même des rouleaux remontant à l’antiquité. Certains lieux sont plus propices que d’autres. On me dit que tout est arrangé et que je me fais arnaquer. Pourtant, je ne résiste pas à la tentation. Les premières fouilles sont décevantes : pour l’essentiel des encyclopédies vieilles d’un siècle seulement. Mais alors que je m’apprête à abandonner, derrière des livres, je trouve un vieux portefeuille. Les personnes autour de moi haussent les épaules, à tord : c’est celui de Saint-Exupéry, qui avait séjourné dans la forteresse quelque temps dans les années 20, lors d’un raid aérien. De quoi rentabiliser largement mon investissement.
dimanche 27 avril 2008
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