lundi 31 décembre 2007

Le rêve du bazar aux livres anciens



Tunis, au XIXème siècle. Une kasbah s’est superposée aux ruines de Carthage. Il s’y tient la nuit un bazar aux livres anciens. La police islamique le surveille, alors les bouquinistes parlent en grec et ne vendent que des livres en latin, grec ancien et français. La plupart sont écornés, humides, dépourvus de couverture. En se donnant la peine, sur les étals, on peut pourtant trouver des rouleaux antiques dans un assez bon état. Une nuit, une statue de Dionysos, jusque-là imbriquée dans un mur, hors de vue, se détache d’un bâtiment branlant. Ses morceaux viennent rouler par une ruelle en pente, vers le bazar. Si la police trouve le visage de la statue, elle le détruira. Vite, je vais le cacher au bas d’un escalier, dans le repaire secret d’un trafiquant en antiquités. Par un pur hasard, je trouve chez lui ce que je cherchais : un rouleau décrivant l’aventure de deux jeunes filles de l’aristocratie, du temps de la Carthage romaine. La plus âgée des deux veut initier sa cadette aux plaisirs de la chair. Pour cela, à la lueur des flambeaux que brandissent leurs esclaves, elles se rendent au temple de Cybèle, au cœur de la vieille ville et de ses mystères. Les apprentis lustreurs de cuir y ont le droit de recevoir des inconnues pour une ultime orgie, avant d’être castrés à l’aube. Ils brandiront alors bien haut leur sexe, le poing dégoulinant de sang, pour le montrer à la foule.

dimanche 30 décembre 2007

Le rêve de la troupe de théâtre itinérante




Je fais partie d’une troupe de théâtre itinérante. Je dois écrire une pièce, les comédiens sont très enthousiasmés par les idées que je lance. Ils me poussent à organiser une répétition publique alors que je n’ai toujours rien écrit. On déblaye devant le feu de camp une arène de gravier. Je tiens l’un des rôles. La pièce est très bavarde, elle traite d’histoires de couple sous un angle comique, tout en prétendant à une fine analyse. On improvise quelques saynètes. C’est une catastrophe, personne ne rie, le public devient hostile ; je ne m’occupe même plus de la pièce, j’essaie de me cacher en creusant un trou de mes mains. Tout se délite. Pourtant les comédiens restent très motivés, même ils me vouent une sorte d’adoration ; sur l’une des voitures ils érigent une statue en plâtre me représentant en Maître, à la façon du réalisme soviétique, tendant un doigt vers la direction à prendre, le regard impérieux. La statue dégouline de peinture, me dents se déchaussent tandis que je brûle…

Le rêve du cargo échoué


Dans un cargo échoué qui a longtemps servi de squat, se répand une pourriture qui le déforme, lui donne d’inquiétantes excroissances organiques. Les gens du coin veulent le détruire. Trois artistes, deux hommes et une femme, la quarantaine bobo, qui vivent non loin en voisins, décident d’un coup d’abandonner leurs carrières pour sauver le squat de leur jeunesse. Je suis très sceptique; je n’arrive pas à les raisonner. Ils amènent de grandes quantités de planches, et transforment la soute en loft cosy.

vendredi 28 décembre 2007

Le rêve de Tombstone

Dans un parc à thème Far West, je joue le rôle de Wyatt Earp, l’un des protagonistes d’OK Corral. Avec les autres comédiens, le soir, je vais dans un saloon regarder des épisodes en couleur de la Twilight Zone. La télé est en haut dans un coin, on se cale dans nos chaises. Un de ces soirs, un mineur m’affronte au poker. Il a de grandes moustaches brunes et porte un foulard rouge, ainsi qu’un chapeau retroussé. C’est une brute. On peut prendre autant de cartes que l’on veut, mais il insiste pour que l’on en pose que quatre. J’ai une main énorme, une vingtaine de cartes au moins, et plein de bouts de papier et de tickets glissés dedans. J’ai du mal à distinguer mes cartes ; je finis par poser une suite minable commençant par le 2, et encore je triche en remplaçant le 4 par un ticket de métro. Je braque mon revolver sur mon adversaire, en le mettant au défi de contrôler mon jeu. Il me laisse gagner. Je sors pour m’en vanter auprès d’un groupe. Au moment où je franchis les portes battantes, le portable vibre. Un éditeur. La femme me demande où je suis, j’ai du mal à lui expliquer.

jeudi 27 décembre 2007

Le rêve du puzzle miroitant


Je loge avec mes parents, ainsi qu’avec un oncle et une tante, dans un hôtel sur la côte, en Vendée. Ils occupent une chambre ainsi qu’un grenier attenant. Un grand désordre, baigné par la claire lumière du littoral, encombre les deux pièces. Moi je dors dans une péniche à quai en face de l’hôtel, avec les chiens. En se promenant par une route qui traverse un champ inondé selon un curieux motif, comme un puzzle à moitié fini d’eau miroitante et d’herbe, on rencontre un journaliste américain. Ce dernier enquête sur une maladie, une pourriture brune, qui ravage les récoltes tel un cancer galopant. Paniqué, le gouvernement tenterait de la dissimuler par une politique d’arrachages préventifs. Le journaliste a besoin de preuves. Ensemble on parcourt l’arrière-pays. C’est un désert de friches boueuses, sous un ciel encombré de nuages moutonneux charriés par le vent. Le journaliste demande la signature d’attestations. Mes parents hésitent, car la réalité même de la maladie est un enjeu politique entre élus locaux corrompus, et nul ne peut prédire quel camp l’emportera. Ils finissent néanmoins par signer, en dépit des risques. Puis on range la chambre et le grenier en urgence, pour laisser la place à de nouveaux clients.

mercredi 26 décembre 2007

Le rêve du Mobile des Mondes

Je joue à un jeu vidéo ultra-réaliste, en immersion complète. Il se présente sous la forme d’un Centre Pompidou perdu au fond de la jungle. Des ruines maya peuplées de monstres constituent les niveaux supérieurs ; tandis que les niveaux inférieurs ressemblent à un centre commercial labyrinthique, abandonné depuis peu. Au fur et à mesure, le jeu évolue donc d’une dominante combat à une dominante plates-formes. Je dois d’abord recruter les membres de mon équipe en les délivrant de leurs prisons ; puis, en affrontant des gardiens, récupérer leurs glyphes. Ces objets, composés de pixels plutôt que de matière, une fois activés, offrent toute une gamme de pouvoirs à leur utilisateur, par le biais d’une transformation en dieu hindou. Par exemple, un grand gaillard rencontré tôt dans le jeu, prisonnier d’un lotus translucide, devient un géant bleu à quatre bras, armé de katanas. Je suis en concurrence avec d’autres équipes. Chacune a une couleur : la mienne est bleue, ma principale rivale est jaune. Les glyphes reprennent la couleur de l’équipe. Le but du jeu est d’atteindre en premier le Mobile des Mondes, auquel sont suspendues des représentations des planètes habitées, déclinaisons fantastiques de la Terre, de couleur azur, turquoise, safran… Même code. Le Mobile permet de voyager dans la galaxie.

mardi 25 décembre 2007

Le rêve de la guerre parmi les astéroïdes de Mars



A la fin du XIXème siècle, les nations européennes construisent des vaisseaux capables de voyager dans l’espace, les space clippers. Ils ressemblent à des zeppelins phosphorescents, aux ventres desquels on aurait greffé des navires à voile. Une guerre éclate sur Mars entre les Britanniques, épaulés par la Légion étrangère française, et les Prussiens. Ce n’est pas la planète Mars telle que nous la connaissons : elle a éclaté dans le passé. Les Puissances se battent donc à la surface d’un agrégat d’astéroïdes en forme de disque, couleur rouille. Curieusement, il a une atmosphère respirable. Enfin, jusqu’à ce que les belligérants ne se mettent à employer massivement des gaz de combat… Les Prussiens s’allient aux anciens Martiens, des gnomes verdâtres vêtus comme des mages Perses. En effet, la reine des Prussiens, une géante, peut avec sa salive féconder les Martiens, et donc permettre à leur espèce de renaître. En échange de quoi, les Martiens mettent à disposition leurs cubes de guerre, de gigantesques boîtes couvertes d’arabesques, qui flottent dans l’espace entre les îles et projettent des sphères d’annihilation. Après avoir essuyé de sévères défaites, les Franco-Britanniques se replient sur la périphérie, où ils établissent dans la hâte une nouvelle colonie. Là, ils domestiquent des méduses aériennes de la taille de baleines, qui projettent des éclairs terrifiants. La guerre prend une tournure cataclysmique. Épuisées, les Puissances conviennent d’une conférence de paix.

dimanche 23 décembre 2007

Joyeux Noël !

Rêves dans la nuit noire souhaite un joyeux Noël à tous ses lecteurs !!! Puissent-ils passer de longues nuits reposantes, d'une traite !

Le rêve de l'ordinateur blanc comme la petite enfance


Je suis revenu dans la maison de mon enfance. C’est la nuit. Je suis en caleçon. Je viens de mettre mon ordinateur portable à recharger; la prise est dans le couloir sombre entre les chambres. Dans un coin traîne un i-book. Il paraît si plat, si blanc, et d’une certaine manière un peu diaphane en comparaison de mon PC qui, lui, a un air de famille avec le monolithe de l’Odyssée de l’Espace, tant il est noir, archaïque, mystérieux. Qui l’a perdu ? Je le fais marcher et je le trouve magique ; il est si facile d’emploi, son interface permet tellement de choses. Dans le couloir mon père m’interpelle à plusieurs reprises, il me demande ce que je bricole si tard. Je devrais dormir. J’ai retrouvé le père de mes souvenirs d'enfant, en débardeur, à peine plus qu’une ombre en contre-jour, tout juste un fantôme. Il me manquait.

jeudi 20 décembre 2007

Le rêve du match de tennis galactique

Fin des années 70. Deux flics, vétérans du Viêt-Nam, sont envoyés enquêter sur un club de tennis. L’un des deux est très introverti, car après avoir survécu au crash de son hélicoptère dans la jungle, il a été capturé puis torturé. Le club appartient à une compagnie de fabricants de raquettes. Les immeubles de l’entreprise, du même rouge que la terre battue, enserrent les courts tel un château médiéval. La directrice est une femme superbe en robe de soirée blanche. Les policiers sont embauchés par un autre vétéran, l’officier qui les commandait. D’étranges disparitions se produisent lors de matchs. Ils ne tardent pas à découvrir que les meilleurs tennismen sont mis à l’écart, au prétexte de tester un modèle révolutionnaire de raquette, puis hypnotisés et envoyés par un moyen inconnu sur une autre planète. Les flics s’arrangent pour être sélectionnés. Ils se retrouvent à livrer une autre guerre au milieu de ruines antiques, contre des extra-terrestres qui ne se montrent jamais.

mercredi 19 décembre 2007

Le rêve de l'androïde yakusa


Suite à un accident de voiture en Californie, une jeune femme japonaise a la conscience transférée dans le corps d’un androïde lui ressemblant. On lui dit que son mari est mort et que son enfant a été placé dans une institution spécialisée. Les souvenirs l’atteignent par vagues qui menacent à chaque fois de provoquer un court-circuit. Elle se rappelle le bonheur, dans la maison au bord de la plage. Elle veut revoir son fils. L’institution est lourdement gardée, elle arrive à atteindre la chambre au prix de l’essentiel de son corps robotique. Il ne lui reste plus que son buste et des pseudopodes. Elle expire en jetant un dernier regard à son enfant. Ce dernier est un génie de l’informatique. Très vite, il accède à la puce, une sorte de rubis nanotechnologique, qui gouvernait l’androïde. Il découvre que son père n’est pas mort, qu’il travaille pour un clan yakusa, qu’il a sacrifié sa famille. Sa femme devait servir de passeur pour des données très importantes. Submergé par la colère, accablé de tristesse, l’enfant se venge en transmettant aussitôt toutes les informations à la police fédérale, via internet, en dépit des barrières qui l’entourent.

mardi 18 décembre 2007

Obsession


Je fume trop. J’ai cette pression au niveau de la poitrine. Le souffle court en permanence. Je dors trop. Je fuis l’ennui dans mes rêves. Mes rêves ont l’attitude coquine du marin-pêcheur de la pub Fisherman’s friend, qui vous accueille à coup de poisson dans la tronche. Je suis un obsédé. Grave. Il y a quelques endroits, dans mon cerveau, durs et pointus ; le reste c’est de la mélasse. J’attrape le monde avec les doigts écartés, il me glisse au travers comme du sable. Je suis une coque autour d’un kyste en pleine croissance. Je m’étire, de plus en plus fin. Faut que ça sorte.

Le rêve de la méningite


Une méningite ravage un adolescent. Dans son délire, il récite les Livres de la Réverbération, l’œuvre d’un prophète hérétique, chef d’une communauté Amish qui aurait disparu dans l’Ouest sauvage vers la fin du XIXème siècle. Ses mots sont comme des notes de mort posées sur une partition en fils barbelés. Le médecin déclare que, conformément à une ancienne tradition, on saura s’il est tiré d’affaire à partir du moment où, si on lui tend un crayon, il griffonne le quatrième livre. Quelques heures plus tard, l’adolescent se met à écrire mécaniquement, ce qui remplit d’effroi sa famille.

lundi 17 décembre 2007

Le rêve de Jules César



Je suis à un banquet pour célébrer les noces de ma mère et de Jules César. Ma mère telle qu'elle était jeune femme et telle que j'en ai gardé un souvenir de bébé, avec ses longs cheveux bruns. La fête se déroule dans un village de montagne, au printemps. Je déteste César. Il a sur mon compte une lucidité féroce, et il ne manque aucune occasion de me dire la vérité. Je m'empare d'un couteau à pain, que je serre très fort dans mon poing. J'annonce à tout le monde que je vais le massacrer.

samedi 15 décembre 2007

Le rêve de la grande course de bâton à ressort



Un réalisateur de films érotiques, alcoolique et à la dérive, rencontre un platane de plein fouet avec son cabriolet. Il se réveille dans un XIXème siècle de conte de fées, peuplé de magiciens et de créatures mythiques. Une sorcière qui avait besoin d’un nouveau cocher pour sa roulotte, laquelle tient plus du château d’ancien navire à voile que de la charrette, le contraint par un sort à entrer à son service. Il doit, de plus, aider son fils à remporter la grande course de bâton à ressort. Le fils de la sorcière est un vieux garçon enveloppé, qui porte haut-de-forme et monocle par-dessus une écharpe volumineuse. La course est un rallye au travers du pays, par les routes d’une campagne riante et les rues de petites villes fleuries. Il s’agit de dissimuler la tricherie en faisant transiter les sorts par le cocher, qui subit d’impressionnantes métamorphoses… à tel point qu’il craint un jour de finir bossu.

vendredi 14 décembre 2007

L'archipel de briques

Pour un livre de photos, j'ai rédigé un texte dont voici l'introduction:

Le mystère et l’émerveillement.

Au tout début du matin, quand la lumière est bleue, les mouettes d’eau douce passent au-dessus de mon appartement. Elles retournent aux berges de la Garonne. J’ai l’impression de vivre dans un port ; et le cri des mouettes, et l’odeur de Moka qui s’échappe de ma tasse, me disent de traverser les mers intérieures.

Je vais raconter l’histoire d’une de ces mers, des îles qu’on y trouve. Comme sur ces vieilles cartes, on ira là où il y a marqué « ici, des monstres ». Ca sera les Sargasses, le Triangle des Bermudes, L’Atlantide. Les escales laisseront sur l’âme leurs tatouages, et au retour, on fumera par le nombril.

Imaginez que les toits des immeubles forment des vagues, que leurs tuiles s’envolent comme l’écume…

Nous sommes à Toulouse.

Une ville belle, mais compliquée, que Toulouse. Sous des dehors charmants de ville du Sud, au confluent de l’Italie et de l’Espagne, elle possède des ombres que le soleil ne parvient pas à éradiquer, des cicatrices de béton. L’été est lourd, l’hiver humide et dépressif. Au changement de saison, il y a le vent qui rend fou, et toute l’année, la poussière. La nuit, dans les ruelles obscures, les gens se soulagent contre les murs qui penchent. L’éclairage électrique teinte d’ocre le ciel.

Pourtant, contrepoint à cette mélancolie tangerine, sommeille une vieille beauté latine… La brique, que l’on retrouve partout, arbore un joli rouge fané. Il y a souvent, sous les minces colonnades et les porches à l’antique, des palmiers en pot. On longe peu de surfaces aveugles, de géométries implacables venues d’en haut dans un tintamarre officiel; enfin, moins qu’ailleurs… partout les sculptures, qu’elles soient cariatides, atlantes, ou gueules de lion, pleurent en silence les empires disparus.

Les printemps, les automnes, ont à Toulouse une délicatesse rare. L’air se fait doux, les couleurs riches. Le soir on va en couple se promener sur les quais de la Garonne, qui ont gardé des siècles passés ce que le Vieux Monde a eu de plus aimable. Puis, tandis que le rose gagne les nuages, et que le ciel prend une teinte mauve, les terrasses des restaurants se garnissent de chandelles. La nuit, déambuler dans certaines rues revient à traverser la mer des lucioles, qui aux étoiles tend un miroir.

La ville est aussi semblable à la lune : elle se dévoile par quartiers, et si tout le monde connaît la surface qu’elle offre à l’astre, sa face cachée, elle, est pour les extra-terrestres. Ou les spectres de promeneurs disparus à un angle. Prenons les façades. Aucun passant n’a idée du vaste archipel de cours intérieures qu’elles dissimulent. Les battants entrouverts, jamais plus que quelques instants, font la danse des sept voiles. Les toulousains, même ceux qui vivent dans de vieux immeubles, sont hantés par ces aperçus d’un autre monde. Tout ce qui a été bâti, du Moyen-Âge à l’aube du vingtième siècle, comporte une ou plusieurs cours intérieures. Une petite porte mal fichue, dans un recoin sombre d’une rue étroite, peut aussi bien déboucher sur un labyrinthe magique.

Il ne faut pas imaginer ces cours comme des carrés ou des rectangles pavés. Il y en a. La plupart toutefois sont aussi désordonnées qu’immenses. C’est le royaume des chats, des herbes folles et des arbres. Des fontaines asséchées, des statues noircies et des verrières sales. A l’étonnement général, des décennies de pauvreté organisée ont fait leur œuvre. Au lieu de s’acharner sur l’ancien pour lui donner un air de neuf, on a bricolé. Les époques se sont empilées sans se recouvrir, au milieu de débris de provenance inconnue.

Sans faire exprès, alors que se multipliaient les outrages, la ville a gagné une âme de poète. Baroque, éclectique, déglinguée. Des paraboles jaillissent des mansardes de maisons Renaissance à l’abandon, alimentées par des installations électriques remontant aux années 50… Qu’espérer de ce capharnaüm, si ce n’est une beauté poignante, empreinte de nostalgie ? Un avant-goût de vingt-et-unième siècle, peut-être.

Quand je suis arrivé à Toulouse, je me suis promené longuement et souvent. Je pouvais lire les murs. Ils me racontaient mon enfance, la réclusion et la sauvagerie, le mystère et l’émerveillement. Les rêves éveillés qui n’en finissent pas, les secrets qui sans se dire se transmettent de génération en génération.

Je crois que chez mon collègue photographe il y a la folie des chercheurs d’opale, cette faim de toute une vie qui serre leurs entrailles ; comme eux, couvert de boue jaunâtre, il rampe au fond, dans l’espoir de mettre la main sur les fragments iridescents d’une autre ère géologique. Je n’ai eu aucune peine à l’embarquer dans cette vaste effraction. On va sortir du sable des choses belles et hideuses, étranges et hors de propos; toutes précieuses, cachées, admirables. On ouvrira le coffre au trésor et on soulèvera le voile noir.

Le rêve du fuyard sans âge

Au XVIIème siècle, pendant la Fronde, une bande de mercenaires est frappée par une malédiction. Les uns et après les autres, les soldats, au terme d’une longue agonie, explosent en répandant un pus corrosif. Les derniers survivants se réfugient dans un bois, non loin d’un torrent. Ils veillent l’un des leurs. A l’ultime moment, pris de panique, ils se jettent dans le l’eau, dévalent la pente puis font une chute de plusieurs dizaines de mètres. Le courant rejette leurs carcasses disloquées sur une petite île rocheuse au milieu d’un lac peu profond. Le pus de leur camarade, dilué dans l’eau et le limon, les maintient néanmoins en vie, sans pour autant les soigner. Ils restent là un siècle, à geindre faiblement, privés de vie comme de mort, jusqu’à ce qu’un nobliau du coin tombe sur eux lors d’une promenade botanique. Féru d’alchimie, le jeune homme ne tarde pas à percer le mystère. Il fait disparaître les corps, puis aménage une caverne en laboratoire secret. Là il reproduit la formule du philtre d’immortalité, qu’il expérimente aussitôt sur lui-même. Au début du XXème siècle, un tailleur lui fait remarquer, alors qu’il prend ses mesures, que ses genoux et ses coudes ont une forme bizarre : les seuls signes de son âge se lisent dorénavant dans ses articulations, qui prennent une forme de plus en plus prononcée. Deux siècles déjà qu’il vit en errant, contraint pour protéger son secret d’éliminer ses traces au fur et à mesure, quitte à commettre des meurtres. Prenant conscience de sa vulnérabilité accrue, il décide de traverser l’atlantique. Enivré de modernité, il devient un illustrateur célèbre, très demandé dans la publicité. Il accède même au poste de maire de New-York. Il se laisse aller à fonder une famille. Puis un jour, au sommet de sa gloire, une révélation le frappe : il a fui le piège de la Vieille Europe pour tomber dans un piège pire encore, de sa propre confection. Il orchestre sa disparition. Les policiers, prévenus par des voisins, découvrent une scène horrible. La villa entière dégouline de sang. Impossible de distinguer précisément les corps tant le massacre a été sauvage. Quelques semaines plus tard, la sœur de sa femme, qui passe par là en voiture, croit reconnaître le soldat qui fume une cigarette adossé à un camion, non loin des navires en partance pour le débarquement de Normandie. Le camion arborait sur son flanc une publicité réalisée, justement, par le fuyard sans âge. D’où le déclic. Elle prévient immédiatement la police, mais celle-ci arrive trop tard. Vers le milieu des années 60, l’alchimiste, qui vit maintenant dans une Toulouse en pleine mutation, asphyxiée par la poussière des travaux, se met brusquement à vieillir. Effrayé par la double perspective de sa déchéance et de sa mort, il retourne à son ancien laboratoire, dans la forêt, pour confectionner une nouvelle dose du philtre. Contraint de négocier avec le Vatican pour obtenir certains matériaux rares, il commet des indiscrétions. Le gouvernement envoie un commando s’emparer de sa caverne. Il meurt gazé.


Le rêve du numéro de Weird Tales

Je suis à Montréal, en compagnie d’un ami et de la mère de cet ami. Il est allé rendre visite à sa sœur, qui a immigré. Ce Montréal a des airs de New York des années 40, un New York d’immenses flèches gothiques en béton. On loge dans un de ces buildings. C’est une ville dans la ville, les trajets en ascenseur prennent une éternité; il y a des commerces, et même des plateaux de télévision. Justement, nous sommes invité à une émission du matin, pour témoigner. Le public est jeune et fume des joints, le couple d’animateurs est relax, il règne un joyeux foutoir. Après, nous allons prendre le thé dans une boutique tenue par une nonne très âgée. Elle vend des collectors, dont un numéro de Weird Tales où figure Lovecraft. Elle m’autorise à le lire, à condition que je prenne d’infinies précautions. Son état est étrange : les pages sont écornées, tiennent à peine, mais n’ont pas jauni. J’en tremble, je me renverse du thé sur le bras qui tient le magazine. Le thé brun imprègne la chemise comme du sang, un sang sépia.

jeudi 13 décembre 2007

Le rêve de l'acier du désert

Quelque part en Mauritanie, au bord d’un fleuve boueux. Une maison coloniale brûle, un chien de berger en sort en courant, il se roule dans le sable pour éteindre les flammes sur lui. Il y a un vieil homme devant, gris et triste, il ne fait rien. Cette maison appartenait à une femme écrivain. Elle a disparu un peu avant. Une base militaire française, située à des centaines de kilomètres, dans la ville la plus proche, envoie un hélicoptère la rechercher. L’appareil est pris dans une tempête de sable et se crashe juste à côté de la maison. Une seconde expédition est montée, en jeep. Mais elle finit par ne plus donner de nouvelles. A sa tête il y avait un officier autarcique et forte tête, que l’on soupçonne d’avoir déserté. On décide d’une mission secrète visant à l’abattre. Une sniper fait le trajet depuis la France. Elle a un air dur, elle ne porte qu’un pantalon de treillis et un débardeur kaki. Deux adolescents de l’armée mauritanienne doivent lui servir de guides, ils sont armés de kalachnikovs et se baladent en uniformes de parade vieux d’un siècle, débraillés, trop larges pour leurs corps minces. Cependant, l’officier disparu et son sous-off avec qui il entretient une relation trouble, sont revenus ; ils logent dans un immeuble jamais fini, juste en face de la caserne française. La sniper tente de les tuer mais les rate à cause de la chaleur qui déforme l’air… alertés par ses tirs, ils réagissent et la capturent au pied du bâtiment, tandis que les jeunes soldats mauritaniens détallent. Elle est ligotée. L’officier abat son compagnon devant elle, puis s’assoit et dégoupille une grenade qu’il garde à ses pieds. Il dit en pleurant : « nous étions l’acier du désert… ». La grenade explose.

mercredi 12 décembre 2007

Le rêve du Temps gelé


Les mégalopoles de la Terre sont l’enjeu de luttes entre les Cultures, de puissantes organisations transversales, hybrides de sociétés multinationales et de maffias. Un groupe, composé de jeunes gens des deux sexes, affilié à une Culture d’origine italienne, se trouve en difficulté lors d’une opération dans une Tour appartenant à une Culture d’Asie centrale. De façon inespérée, le technicien du groupe trouve un moyen de geler la marche du Temps elle-même au sein de la Tour, en détournant ses nano-mécanismes. Les fractions d’éternité ainsi gagnées offrent le répit nécessaire à leur évacuation par une équipe d’extraction. Grâce au procédé découvert dans la Tour, le groupe se lance dans des opérations de plus en plus audacieuses et accumule une fortune. Il finit par s’abandonner à une fête permanente, à la manière des rock-stars des siècles passés, dans une villa près de Pau. Les membres du groupe s’amolissent, se boufissent, abusent des drogues, ce qui inquiète l’un d’entre eux qui avait quitté le groupe un peu auparavant pour suivre sa propre carrière. Le technicien, justement. Devenu le principal lieutenant d’un des dirigeants de sa Culture, il avait pris la place de ce dernier en piratant sa mémoire lors d’un transfert. A cette époque, les sujets des Cultures disposent d’une sorte d’assurance-vie, sous la forme d’une gélule implantée sous la peau qui enregistre les caractéristiques mentales et corporelles. En cas de mort prématurée, l’implant transmet les informations jusqu’à une station où l’individu est cloné. Le procédé avait été employé pour évacuer une base située au fond de l’océan d’Europe, le satellite de Jupiter. Un puissant tremblement de terre y avait surpris le dirigeant et son lieutenant. Le technicien, donc, qui vit maintenant reclus dans une station en orbite autour d’Io, sous la forme d’une entité informatique, décide d’agir. Il crée une bulle temporelle autour de la villa, puis transfère les membres du groupe dans des clones. Le groupe reformé s'empare du pouvoir au sein de sa Culture.

mardi 11 décembre 2007

L'attaque du pangolin géant en tutu rose


J’ai fait un rêve, cette nuit, que je n’ai pas eu envie de noter. Disons, pour faire vite, que je m’y baladais en brandissant une hache et qu’il y avait des accidents de train sous la pluie. Alors, comme cette matinée s'annonce difficile, histoire de se requinquer (et moi j'en ai particulièrement besoin), Rêves dans la nuit noire offre un pangolin géant en tutu rose. Inutile de remercier.

lundi 10 décembre 2007

Le rêve du théâtre des vampires



Toulouse au XVIIIème siècle, la nuit. Un théâtre m’a engagé pour jouer dans sa troupe. Chaque soir je joue ; pourtant j’ignore le texte et jusqu’au nom de la pièce, d’où un immense trac. Un acteur me rassure en me disant que ça n’a pas d’importance. Un peu plus tard je comprends la cause de la pénombre malsaine qui règne au théâtre, en dépit des bougies. Il est dirigé par un vampire. Les acteurs, le chœur, les spectateurs, sont tous des vampires ou d’autres créatures de la nuit. En dépit de mon épouvante, ils ne cherchent pas à me nuire.

Le rêve du jeu qui a trop de règles

Avec des amis, je joue à un jeu de plateau. Notre table se situe dans une clairière, au pied d’un château médiéval restauré. Le jeu est complexe, avec une multitude de cartes et de pions. Il simule l’affrontement entre des seigneurs vampires. Chacun des joueurs dispose d’une forteresse en plastique, modulable, et doit faire avancer ses troupes au travers d’une sorte de place centrale pour attaquer les autres forteresses. Les cartes représentent les pouvoirs spéciaux dont disposent les vampires pour gêner leurs ennemis ou favoriser leurs soldats. Le vampire que je joue est un maître de la mort, il y a aussi un maître des rêves, un autre de la guerre, etc… Il y a tellement de paramètres à prendre en compte, et tellement de règles spéciales, que chaque tour prend une éternité. Je finis par dire que ce jeu serait plus fun s’il était adapté sur ordinateur. On fait une pause pour manger. Une des cartes me donnant le pouvoir de lévitation, on me charge d’aller chercher des kébabs. Je sors en volant de la forêt pour atterrir dans un fragment de rêve que j’ai déjà rencontré. Le kébab se trouve au Liban, adossé à une supérette. Le patron fait cuire sa viande en plein air, non pas verticalement, mais horizontalement. Il faut quelqu’un pour faire tourner la broche. Comme il y a déjà pas mal de commandes en attente, le patron, un gros homme à l’air fatigué et au t-shirt blanc taché, me propose une partie de cartes. Il m’offre une canette de jus d’orange fraîche, à l’étrange format cubique. On s’assoit à une table à côté. Le jeu ressemble à une bataille, sauf que chacun dispose d’une pile face cachée et que l’on fait des paris. Bien que ne connaissant pas les règles au début de la partie, je m’en sors bien.

samedi 8 décembre 2007

Les rêves du 33 tours vaudou



Ma mère conduit une rolls noire au travers de la campagne encaissée de mon enfance. Mon frère et moi sommes à l’arrière. Je dois avoir onze ans, lui huit. La route en lacets se fait de plus en plus abrupte. Pour atteindre la route goudronnée qui suit le bord du canyon, en haut, la voiture doit franchir le genre d’angle que l’on rencontre en escalade. N’importe quelle voiture se serait renversée, mais non, ma mère serre les dents, le moteur vrombit, et l’on réussit à franchir le parapet. La rolls est en fait gouvernée par un disque 33 tours vaudou : sur le disque qui tourne, la voiture est représentée par un jouet miniature… Le disque grandit, grandit, jusqu’à prendre la dimension d’une grande table, au milieu d’une fête techno. Le DJ se sert du monstrueux disque pour mixer. On est en 1998. Je suis à une fenêtre qui me permet de discuter avec une de mes ex, qui elle se trouve en 2005. Je dis au DJ que je peux connaître son avenir musical, et je demande à mon ex de chercher sur Internet. Le résultat est décevant : le live de cette soirée sera son dernier album. La fête devient un plateau de cinéma. Jean-Pierre Jeunet adapte un conte persan. Pour un plan d’ensemble de la salle de banquet du palais du shah, un palais merveilleux, gigantesque, le disque vaudou sert de support à une maquette : il faut imaginer, à l’intérieur d’une verrière digne du Crystal Palace, une tour fichue comme une pièce montée. Les convives festoient sur les étages. Ce sont tous de petites figurines en résine peinte. J’ai été invité sur le plateau pour la phase finale, c’est-à-dire la pause des dernières figurines sur le pourtour, qui représentent une fantasia comme les sultans du Maroc n’en ont jamais vu. Je suis très maladroit et je ne fais que gêner le maquettiste, un vieil homme barbu, en faisant tomber des figurines à chacun de mes mouvements. Mais il reste très gentil avec moi.

vendredi 7 décembre 2007

Le rêve de la prison souterraine


Pour rentrer chez moi, je dois traverser des ruines antiques qui ressemblent à celles du Colisée, les gradins en moins. C’est une ancienne prison souterraine. Elle renferme un objet étrange, un point de singularité immobile qui flotte au-dessus du sol. Je le repère au tourbillon d’air en forme de toupie qui l’entoure. Afin de mieux le distinguer, je lui jette des choses, comme des bouts de bois ou de gigantesques grappes plastique de maquettes. Il s’en nourrit, il acquiert de la substance, et à mon grand effroi, il se libère. Il absorbe même mon chat, qui m’accompagnait. Je fuis. Plus tard je reviens, dans le mince espoir de récupérer le chat. Je dispose des électro-aimants géants aux quatre coins de la prison. Le tourbillon est forcé de le relâcher, mais comme il a aggloméré toute la matière à celle du chat, celui-ci a plus que quadruplé de volume, on dirait un tigre.

mercredi 5 décembre 2007

Les rêve des ours en peluche

Mon frère et moi sommes des ours en peluche, traqués par les nazis sous l’Occupation. En remontant une rivière à la nage, on arrive dans un village où se déroule une kermesse. La rivière est encaissée, le village est au pied d’une falaise. Les habitants cherchent à nous capturer, mais au terme d’une course-poursuite dans les vieilles bâtisses, on arrive à s’emparer d’un hélico et on commence à les massacrer à la gatling. Les Américains débarquent en masse.

mardi 4 décembre 2007

Gnôle en prose

Quand je me réveille, je commence par ne pas noter mes rêves. Avant de noter quoi que ce soit, il y a tout un travail à faire. Un rêve ne se présente pas propre et lisse. Je dois d’abord faire la part du rêve principal et des micro-rêves parasites qui se sont greffés dessus, ou parfois même, redonner leur individualité à deux rêves entrelacés. Dans leur état originel, les rêves me font penser à ces enfants malformés, siamois et autres, qu’il faut opérer dès la naissance. Une fois le rêve isolé, un autre travail a également été accompli, pour l’essentiel, à savoir le transfert de la mémoire très éphémère où sont normalement stockés les rêves, vers une mémoire un peu plus durable. C’est un peu comme si je me repassais le film. Certaines images très fortes vont s’imprimer, et le rêve va s’ancrer dessus. Les images jouent en quelque sorte le rôle d’étiquette ; il me suffira ensuite, parfois plusieurs semaines après, de retrouver l’image, pour faire ressurgir le rêve. Évidemment, ma démarche n’a rien de scientifique, le processus que j’ai décrit serait sans doute qualifié par un archéologue de destruction sauvage du site. D’ailleurs je ne publie pas les rêves dans leur ordre chronologique. Et je les censure, lorsqu’ils se font trop précis sur des personnes ou des évènements qui n’ont pas à être mentionnés publiquement. Mon objectif est d’obtenir une sorte d’objet littéraire. Le rêve fermement tenu, il me faut encore en extraire un récit. Un peu comme on augmente le contraste d’une photo pour la rendre plus lisible, j’abstrais, je synthétise… Quelles péripéties à l’intérêt médiocre méritent d’être amalgamées, quelles autres, au contraire, méritent d’être développées pour leur charge symbolique ? Quels sont les traits saillants des personnages ? Quel est l’enjeu dramatique ? Au final, il aura fallu des kilos de patates oniriques pour une pauvre goutte de gnôle en prose.

lundi 3 décembre 2007

Le rêve de la panthère noire


Le monde souterrain de Paris a été sur-mécanisé. Un labyrinthe insensé d’escalators, de trottoirs roulants, de métros, de parkings… Le plafond est bas, l’éclairage pauvre, les parois de béton nues. La foule se presse sur les quais entre deux gouffres d’obscurité. Ma famille, c’est-à-dire mes parents, des oncles et tantes, plus un ami de mon père, sont allés voir un match de rugby. Ils m’ont confié la garde de la voiture ainsi que d’une panthère noire domestique. J’ai le plus grand mal à m’en occuper ; ça m’ennuie de la laisser confinée, mais en même temps les gens en ont peur et si elle s’échappe, il est quasi impossible de la retrouver dans cet enchevêtrement de tunnels.

dimanche 2 décembre 2007

Le rêve du Canada dans 1000 ans



Au Canada, les candidats à l’immigration depuis la France sont invoqués sous forme de spectres translucides, afin de passer leur entretien. Pour distinguer le visage des spectres, on le recouvre d’une crème blanche. Je passe un entretien en compagnie d’une jeune femme. Si c’est un succès, le spectre est autorisé à devenir solide. En réalité, on immigre dans un Canada situé des siècles dans le futur, qui a la capacité de faire voyager dans le temps. Les immigrants sont une ressource que se disputent des domaines féodaux dans le cadre d’une guerre de cent ans. Je deviens soldat. Les forteresses ressemblent à des villas modernes en plus trapu, au milieu de la forêt enneigée. La décoration et le mobilier sont en bois. On porte des combinaisons noires qui modifient notre structure moléculaire, les armes normales passent au travers des corps sans faire de blessure. On apprend donc le maniement de champs de force qui ressemblent à des lames en mercure quasi transparentes. La panoplie est complétée par des capes qui rendent invisible, accessibles seulement aux seigneurs et à leurs principaux lieutenants. Climat politique tendu. Ma forteresse est envahie. Les combats sont d’une rare sauvagerie, une succession confuse de corps à corps dans les corridors étroits.

Les chats, nos amis du matin

Je ne sais pas qui est l'auteur de ce petit dessin animé, mais je rends hommage à sa profonde connaissance de la nature féline ! (Merci, S.B.)


video

samedi 1 décembre 2007

Le rêve de la piscine pleine d'algues

Un film des années 40. Costumes classieux et chapeaux, femmes fatales et blues, comme dans un tableau d’Edward Hopper. Un ancien professeur, devenu gigolo, raconte sa déchéance à cause d’une étudiante. Il la regarde de loin, accroupi dans un jardin à l’abandon. Il fume. Elle est à une fête avec des amies. Il se souvient d’une autre soirée, ils étaient l’un contre l’autre dans une piscine à l’eau saumâtre, truffée d’algues. Elle portait un maillot de bain rouge et un bonnet. Le reste de la classe était là, à boire des verres dans la piscine. Des policiers les font sortir de l’eau car ils risquent de tomber malades. Elle grelotte.