dimanche 11 mai 2008

Le rêve de l'île d'Egma

J’ai rêvé d’un archipel à moitié englouti, situé entre l’Égypte et Chypre. L’une de ses îles, portant le nom d’Egma, a une importance particulière. Il suffit de plonger non loin du rivage pour visiter les ruines de ses anciens villages, avalés par la mer durant l’Antiquité. C’est le fragment d’un rêve interminable à l’ambiance pulp, impliquant des voyages dans le temps : parties de chasse au Jurassique contre un crapaud géant, investigations dans le Tunis des années 1900 sur une mystérieuse secte de janissaires… Les ruines sous-marines me fascinent, dans l’éveil comme dans le rêve, et ce depuis que je suis gosse. Que peuvent bien représenter ces avatars de l’Atlantide sur la carte de mon inconscient ?

mercredi 7 mai 2008

Un bout de rêve sur une main

Ces derniers temps je rêve toujours autant, à la différence près qu'au réveil il ne me reste plus qu'un magma incohérent dont j'ai les plus grandes peines du monde à tirer un récit. Voici deux bouts de rêves qui ont émergé tant bien que mal.

Avec un groupe scolaire je me promène dans les rues d'une petite ville. On croise des capoeristes. L'un d'eux, un jeune homme torse nu portant des dreadlocks, déplace son index sur sa main gauche à chaque évolution du rythme (puisque la Capoeira se pratique accompagnée de chants et de musique). Sa main gauche est peinte en vert, et porte des traces brunes qui évoquent le genre de bandes dont on sert pour mixer avec des logiciels du type Soundforge.

Je suis au lit en compagnie de ma mère et de mon frère, dans la chambre de mes parents. On lit des magazines. Soudainement, j'ai envie d'aller aux WCs. J'y vais. Là je me rends compte qu'il me manque de la lecture. Je reviens dans la chambre pour me servir dans la pile de revues. Tandis que j'en attrape une, mon frère fait une remarque sur la récente inversion de mon rythme circadien. Alors, je vis la nuit ? A cet instant, mon envie pressante devient intolérable, et je me mets à chier abondamment, de partout, y compris de la bouche. Ce sont des boudins énormes qui jaillissent, mon pantalon est rempli.

jeudi 1 mai 2008

Le rêve de la fille aux tresses faites de tentacules


Une voisine vient me rendre visite en début de soirée. Elle porte des tresses qui sont en fait de longs et fins tentacules, car elle s’est fixée sur les tempes des petits poulpes qui adhèrent par succion. Puis avec des amis on sort en boîte. Au petit matin c’est l’hiver ; de la glace recouvre les flaques, tandis que la circulation salit et repousse la neige à moitié fondue. Je n’arrive pas à retrouver ma voiture, bien que je l’aie garée dans un des trois parkings à proximité. Alors j’erre parmi les groupes de noctambules qui rentrent chez eux à pied. J’ai une vision très précise du quartier : des immeubles d’habitation datant des années 60, leur alignement perturbé par les boîtes de nuit, l’ensemble massé de part et d’autre d’une grande rue, laquelle donne sur un carrefour puis un pont. D’anciennes amies du lycée m’invitent à prendre un cappuccino dans un café.

dimanche 27 avril 2008

Le rêve de la bibliothèque d'Aristote


Dans le rêve, au milieu des paysages désolés du nord de la Grèce, se trouvent les restes monumentaux de la bibliothèque d’Aristote. Le bâtiment a survécu jusqu’à nos jours car les Ottomans ont élevé par-dessus une de leurs forteresses, enterrant les anciens manuscrits entreposés par les Byzantins. C’est aujourd’hui le lieu de fouilles intensives. Je m’y rends avec un groupe de journalistes. Après la visite, on me propose pour quelques drachmes de sponsoriser une excavation. Je choisis l’endroit, n’importe où dans le labyrinthe de couloirs, et des ouvriers ôtent le dallage, creusent, et si j’ai de la chance, extraient des livres de valeur, peut-être même des rouleaux remontant à l’antiquité. Certains lieux sont plus propices que d’autres. On me dit que tout est arrangé et que je me fais arnaquer. Pourtant, je ne résiste pas à la tentation. Les premières fouilles sont décevantes : pour l’essentiel des encyclopédies vieilles d’un siècle seulement. Mais alors que je m’apprête à abandonner, derrière des livres, je trouve un vieux portefeuille. Les personnes autour de moi haussent les épaules, à tord : c’est celui de Saint-Exupéry, qui avait séjourné dans la forteresse quelque temps dans les années 20, lors d’un raid aérien. De quoi rentabiliser largement mon investissement.

vendredi 18 avril 2008

Le rêve du film Z


Adolescent, je faisais partie d’une bande de nerds, vaguement grunge, qui se délectait de films Z. Le week-end, autant poussés par l’ennui que par une sorte de fascination pour le grotesque, on prenait nos mobylettes et on allait à la ville voisine en louer par paquets de quatre ou cinq. Le rêve se déroule à cette époque. On va en Lousiane, dans les bayous, aider au tournage de films de zombis. Des films très très amateurs, avec à la caméra deux frères. Les tournages ont lieu de nuit, autour de leur maison, en l’absence des parents. Tout le monde participe : nous bien sûr, mais aussi les copines ou l’éventuel petit frère ou petite soeur. Les effets spéciaux sont bricolés à partir d’abats et de pétards. Puis l’un des frères, le plus âgé, va répéter avec son groupe dans un coin aménagé, à la limite du marais. La prise de sa guitare est fichue, alors, comme il ne peut pas jouer, la répétition est annulée. On apprend plus tard qu’il s’est suicidé de frustration.

jeudi 17 avril 2008

En mythoscope


Deux nuits d'insomnie, deux nuits passées à lire Lovecraft et à visionner et revisionner Call of Cthulhu, l'adaptation culte -si j'ose dire- tournée en mythoscope. Enserré dans la couette, les membres pris dans le cocon, les yeux grands ouverts sur la pénombre, j'ai fixé des heures le rectangle noir de la porte entr'ouverte, terrifié à l'idée qu'au delà de ce seuil à la géométrie douteuse, quelque part, là-bas, un être incroyablement ancien se tenait accroupi et guettait. Oui, j'ai des nuits un peu particulières. Mais c'est le thème de ce blog, non ? Qui pourrait évoluer. J'ai vu à la FNAC une tablette graphique en promotion, que je songe à m'offrir sous peu -enfin, dès que j'aurai dégagé quelques thunes-, afin de démarrer un projet de webcomic qui me trotte dans la tête depuis longtemps. Comme je ne sais pas dessiner, je compte partir de captures de vieux films de SF (au charme rétro et... libres de droit !), retaillées pour entrer dans des strips. Qui formeraient alors une sorte de roman-photo déglingué. Un développement pharaonique des collages réalisés pour illustrer mes rêves. Immensément laborieux si je me cantonne à la souris. Mais on verra bien. On y est pas encore.


lundi 14 avril 2008

Le rêve du frère peintre


Mon frère et moi avons été enlevés par des extra-terrestres. C’est un tout autre rêve, et ces extra-terrestres ont plus à voir avec une jet set intergalactique qu’avec les petits-gris le plus souvent associés aux histoires d’enlèvement. On ne revient pas aujourd’hui, mais dans les années 70, chez nos parents. Quant au frère qui m’accompagne, je ne sais plus vraiment si c’est bien mon frère ou si c’est moi, dédoublé. Bref, depuis son retour, mon frère s’est mis dans la tête de devenir peintre. Il abandonne son travail au sein de l’entreprise familiale pour se consacrer à sa carrière. Ma réaction est très violente. Je n’aime pas ce qu’il fait, je le trouve trop basique, trop « art contemporain des années 70 ». Je le dis partout. Mais comme il est en phase avec son époque, il rencontre le succès, et ses toiles s’accumulent à la maison. Finalement, intoxiqué par mon jugement, il se décourage et déchire ses toiles. Je le regarde faire avec une joie mauvaise.